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Derrière une forêt de papier peint

Retour au format long pour Carax après 13 années d’absence, Holy Motors suinte d’un deuil euphorique. Celui d’une absence douloureuse des plateaux reconvertie en une énergie rageuse et noire. Le film fait dilater la représentation. Étrange sensation de voir cette limousine (de tournage) pilotée par Édith Scob conduire Denis Lavant à ses 9 rendez-vous successifs. Ainsi: 11 fois Denis Lavant (au générique). 9 + 2. Denis Lavant donc, son personnage d' »acteur » dans le film et les incarnations de ce dernier. Carax fait revivre des lieux, des motifs, des figures de son cinéma. Aujourd’hui. On se lamente de la miniaturisation des caméras dans Holy Motors. Elles se sont volatilisées, évaporées. Les images sont là tout en faisant chair avec le monde. A l’extérieur de la limousine: qui filme et regarde (et d’où) les images des rendez-vous ? Cette indistinction et ce flottement essentialisent la manière de Carax. Décortiquer le processus d’incarnation à l’œuvre par la mise en scène, revisiter son cinéma pour mieux ramener les fantômes qui comptent dans le présent (Datamoshing / La Samaritaine et Jean Seberg). 1 mort par le numérique = 1 pixel vivant. On pourrait cliquer sur les tombes afin d’ouvrir une nouvelle fenêtre. De Film Socialisme à 2001, d’une maison – chambre – paquebot à des singes, Holy Motors utilise le virtuel afin d’y retrouver les fantômes passant la rampe malgré tout. Car celle-ci est en chacun de nous.
(8.8/10) A suivre.

-« Il ne s’agit plus seulement de faire un cinéma différent, que le cours de l’Histoire réelle rend de plus en plus difficile, mais de sauver avec la « magie » du cinéma sa capacité d’être quelque chose de plus, contre le « déjà filmé », le simulacre hyper-réel et publicitaire, plus vrai que l’original disparu de longue date: « le cinéma contemporain » est le lieu d’un tel dilemme. »

-« Modernité, critique, réflexion sont des termes liés, leurs objets sont les mythes qui ont perdu leur substance. Au cinéma, il s’agissait de détruire l’usine de rêve, le « silver-screen« . Mais dans un monde où grâce à la télévision, et à tout ce dont elle n’est que le symptôme, l’illusion n’existe plus, l’illusion cinématographique également devient objet de nostalgie, comme le rêve d’un monde sans rêve. »

Youssef Ishaghpour, Cinéma contemporain. De ce côté du miroir, Essais, Éditions de la différence, 1986, p.8-9.

#Vertigo 43 Fins de mondes

Trafic 82

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Collectif

  • Mal de fiction et passages de l’histoire par Dork Zabunyan
  • Cher Kaurismäki par Julio Baquero Cruz
  • Sans l’abri de la parole. À propos de Take Shelter de Jeff Nicholspar Jean-Marie Samocki
  • Chaises musicales. A Dangerous Method de David Cronenberg par Fabienne Costa
  • Douleur de l’archive par Raymond Bellour
  • Les champs de Rabah par Jean-Charles Villata
  • Fraternités musicales par Gilles Mouëllic
  • Trafrique en doc. Carnets d’Afrique par Jean-Marie Barbe
  • Les lambeaux du mythe par Frédéric Sabouraud
  • Marché de l’individu et disparition de l’expérience par Serge Daney
  • Apparitions de Serge Daney par Pierre Eugène
  • Serge Daney pour mémoire par Marcos Uzal
  • Le festin de Trimalchion. Vers une histoire permanente du cinéma par Mathieu Macheret
  • Notes mentales par Hollis Frampton
  • (nostalgia) : un film de Hollis Frampton par Anthony McCall et Andrew Tyndall
  • Le Rêve infernal de Mutt et Jeff par Zoe Beloff

« Je parlerai du film de Kubrick selon la manière dont je l’ai reçu, une sorte de film-vidéo, une émission de télévision échappée de la télévision, une vidéo géante qui serait un film de terreur programmant une histoire de famille en fuite dans un délire de société. Une méditation sauvage, schizo-psychanalytique, sur la famille, la société, le cinéma, les média. Une œuvre de grande culture, mais pas une culture morte, un film qui me dit aujourd’hui: il est bon de cultiver la part d’Amérique que beaucoup de films ont accumulée en nous-mêmes, et de s’en servir pour gagner de nouvelles idées sur le cinéma, sur les média. »

Sur Shining: Les inconnus dans la maison, par Jean-Pierre Oudart, les Cahiers du cinéma, N°317, novembre 1980, p.5

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