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Derrière une forêt de papier peint

Retour au format long pour Carax après 13 années d’absence, Holy Motors suinte d’un deuil euphorique. Celui d’une absence douloureuse des plateaux reconvertie en une énergie rageuse et noire. Le film fait dilater la représentation. Étrange sensation de voir cette limousine (de tournage) pilotée par Édith Scob conduire Denis Lavant à ses 9 rendez-vous successifs. Ainsi: 11 fois Denis Lavant (au générique). 9 + 2. Denis Lavant donc, son personnage d' »acteur » dans le film et les incarnations de ce dernier. Carax fait revivre des lieux, des motifs, des figures de son cinéma. Aujourd’hui. On se lamente de la miniaturisation des caméras dans Holy Motors. Elles se sont volatilisées, évaporées. Les images sont là tout en faisant chair avec le monde. A l’extérieur de la limousine: qui filme et regarde (et d’où) les images des rendez-vous ? Cette indistinction et ce flottement essentialisent la manière de Carax. Décortiquer le processus d’incarnation à l’œuvre par la mise en scène, revisiter son cinéma pour mieux ramener les fantômes qui comptent dans le présent (Datamoshing / La Samaritaine et Jean Seberg). 1 mort par le numérique = 1 pixel vivant. On pourrait cliquer sur les tombes afin d’ouvrir une nouvelle fenêtre. De Film Socialisme à 2001, d’une maison – chambre – paquebot à des singes, Holy Motors utilise le virtuel afin d’y retrouver les fantômes passant la rampe malgré tout. Car celle-ci est en chacun de nous.
(8.8/10) A suivre.

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